Comment prévenir Alzheimer en prenant soin de votre microbiote

Comment prévenir Alzheimer en prenant soin de votre microbiote

Un tiers des cas de démence pourraient être évités [1].

Et nul besoin de suivre un traitement : votre alimentation suffirait pour empêcher voire inverser le développement d’une maladie neurodégénérative [2].

Car en réalité, tout se passe dans votre ventre !

Une nouvelle étude confirme qu’il existe un lien entre le microbiote et le développement d’Alzheimer [3].

Les résultats publiés dans le Journal of Alzheimer’s Disease, permettent d’envisager de nouvelles stratégies préventives basées sur la modulation du microbiote des personnes à risque.

Je vous explique pourquoi et comment tirer profit de cette étude.

Quel rôle joue votre microbiote au niveau de votre cerveau ?

Cela fait plusieurs années que les scientifiques s’intéressent à l’état des bactéries présentes dans notre microbiote intestinal.

Il contient des milliards de bactéries qui participent au bon fonctionnement de notre organisme.

Elles assurent de nombreuses fonctions à commencer par enclencher notre réponse immunitaire ou encore empêcher que des agents pathogènes ne se propagent dans notre organisme.

Mais une nouvelle fonction vient tout juste d’être découverte.

Une équipe de chercheurs genevois et italiens ont réussi à trouver une corrélation entre un déséquilibre du microbiote intestinal et le développement des plaques amyloïdes dans le cerveau humain [4] .

La formation de ces plaques est à l’origine des troubles neurodégénératifs caractéristiques de la maladie d’Alzheimer.

En effet, des protéines produites par certaines bactéries intestinales, identifiées dans le sang des malades, pourraient modifier l’interaction entre le système immunitaire et le système nerveux.

Cette perturbation serait à l’origine du déclenchement de la maladie.

Pour en être certain, les chercheurs ont analysé le profil du microbiote chez 89 personnes de 65 à 85 ans.

Parmi les participants, certains souffraient de la maladie d’Alzheimer ou d’autres maladies neurodégénératives causant des problèmes de mémoire similaires, et d’autres n’avaient aucun problème de santé.

Les scientifiques se sont très vite aperçus que le microbiote des personnes malades présentait de grandes différences par rapport aux sujets sains.

Non seulement ils avaient une diversité microbienne réduite mais souffraient aussi d’une surabondance de certaines bactéries.

Comment votre cerveau se retrouve sous l’influence de votre ventre ?

Il existe plusieurs voies par lesquelles les bactéries intestinales peuvent influencer le fonctionnement du cerveau et favoriser la neurodégénérescence.

Premièrement, elles peuvent influencer la régulation du système immunitaire et, par conséquent, modifier l’interaction entre ce dernier et le système nerveux.

Des protéines situées sur la membrane des bactéries intestinales, ont d’ailleurs été trouvées dans les plaques amyloïdes et autour des vaisseaux cérébraux des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

Ensuite, le microbiote intestinal produit des métabolites qui vont affecter les fonctions cérébrales. Elles peuvent soit le protéger, soit induire des déchets que le cerveau ne sait pas recycler. 

L’analyse du microbiote chez les personnes atteintes d’Alzheimer a donc permis de repérer que le manque de diversité de bactéries et la surabondance de certaines affectent directement le développement des maladies neurodégénératives.

D’ailleurs, les scientifiques affirment que les “mauvaises” bactéries présentent en excès dans les intestins seraient à l’origine de la formation des plaques amyloïdes.

Un cocktail pour éviter Alzheimer ?

Depuis la découverte de ce lien « microbiote – dégénérescence du cerveau »,  les scientifiques disposent d’une nouvelle piste pour mieux prévenir la maladie d’Alzheimer.

Car selon leur hypothèse, il suffirait de « bien nourrir » notre microbiote pour éviter la formation des plaques d’amyloïdes.

Comment ?

Tout simplement en buvant un « cocktail bactérien » ou un cocktail de prébiotiques.

Notre microbiote serait alors complètement opérationnel : les “mauvaises” bactéries ne risquant pas de se retrouver en surabondance.  

Mais avant d’en arriver là, les scientifiques doivent d’abord identifier précisément les souches de ce « concentré de bactéries ».  

De plus, d’après les données dont nous disposons actuellement les effets neuroprotecteurs d’un tel cocktail ne serait efficace qu’à un stade très précoce de la maladie.

Il serait donc intéressant en prévention plutôt qu’en thérapie.

Le diagnostic précoce reste encore aujourd’hui l’un des principaux défis de la prise en charge des maladies neurodégénératives.

Tout l’enjeu réside dans le développement des protocoles permettant d’identifier les personnes à haut risque pour les traiter bien avant l’apparition de symptômes détectables.

En attendant, rien ne vous empêche d’agir et de prendre soin de votre microbiote.

Dans ma prochaine lettre je vous explique justement comment faire.

Vous y découvrirez :

  • Quels sont les aliments à privilégier et ceux à éviter.
  • Quelle est la différence entre les prébiotiques et les probiotiques.
  • Qu’est-ce qu’une dysbiose
  • Ou encore quelles sont les causes qui favorisent le déséquilibre intestinal.

Bien à vous,

Eric Müller

Sources:

[1] Lien confirmé entre la maladie d’Alzheimer et le microbiote, Université de Genève

[2] Dr Sincholle, pharmacologue, spécialiste de nutrition

[3] Lien confirmé entre la maladie d’Alzheimer et le microbiote, Université de Genève

[4] https://www.unige.ch/communication/communiques/2020/lien-confirme-entre-la-maladie-dalzheimer-et-le-microbiote-intestinal

Crédits : © Naeblys – Shutterstock.com

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Carol Barbeau
1 mois il y a

Merci

Siroco
1 mois il y a

Lettre instructive, merci. Une question: la polyneuropathie est-elle une des résultantes de cette prolifération des mauvaises bactéries?
Je lirai la suite de votre lettre avec intérêt.

Faure
1 mois il y a

Article intéressant j’attends la suite avec impatience

Manon
1 mois il y a
Reply to  Faure

Tres interressant, merci, a la prochaine.