Ne consommez plus votre huile d’olive avant d’avoir lu mon message

Ne consommez plus votre huile d’olive avant d’avoir lu mon message

C’est une révélation choc dénoncée dans plusieurs enquêtes : 1 huile d’olive sur deux est trafiquée en France [1] !

Si comme moi, vous l’appréciez pour son caractère et cherchez aussi à tirer profit de ses vertus santé, sachez que vous avez de fortes chances de ne pas consommer la bonne huile.

D’après les hautes autorités de la justice, les filières criminelles s’éloignent de la drogue car la contrefaçon des denrées alimentaires est moins risquée.

Non seulement, les peines de prison sont moins lourdes (10 ans et plus pour la contrefaçon de médicaments contre 5 ans pour la fraude alimentaire), mais aussi car les bénéfices sont tout aussi énormes.

Et parmi ces nouvelles fraudes, se trouve l’un des produits les plus vieux du monde : l’huile d’olive.

Et pour cause : les bénéfices du trafic de l’huile d’olive sont comparables à ceux du trafic de cocaïne [2] !

L’huile d’olive, l’or liquide détourné au profit de votre santé

La répression des fraudes (DGCCRF) a récemment mené une enquête de grande envergure. Elle a contrôlé 227 établissements (marché, grossiste, détaillants…) et a effectué 126 prélèvements [3].

Ce qu’elle a découvert est sidérant : 49 % des produits analysés étaient non conformes.

Certaines huiles présentées comme vierge extra étaient en réalité des huiles « lampantes ». Autrement dit impropre à la consommation !

D’autres avaient à peine les qualités requises pour être répertoriées dans la catégorie « vierge extra ».

Pour être qualifiée de vierge extra, une huile doit respecter des qualités chimiques, olfactives ou encore gustatives strictes. C’est ce qui permet aux producteurs de justifier un prix entre 30 % et 40 % supérieurs pour l’huile vierge extra par rapport à l’huile vierge.

Les tests ont pu aussi mettre en lumière comment fraudent les revendeurs malhonnêtes.

Ils utilisent une astuce bien connue des dealers de drogue : le coupage de la marchandise.

Pour l’huile, c’est assez simple à faire. Il suffit d’ajouter des huiles de piètres qualités (colza, tournesol) et de vous la vendre comme une huile d’olive vierge extra.

Le profit est énorme puisque les huiles utilisées pour trafiquer l’huile d’olive ne coûtent pas cher à produire. Alors que l’huile d’olive vierge extra peut être vendue jusqu’à 60 euros le litre.

Et ce trafic ne concerne pas uniquement la France.

D’autres pays de l’Union Européenne sont eux aussi concernés.

En Italie, la mafia s’est emparée du marché agroalimentaire de l’huile d’olive

En Italie, deuxième producteur au monde, l’huile d’olive est devenue le nouveau gagne-pain des criminels.

Le magazine CBS News parle de « mafia agricole » autour de la production d’huile d’olive.

Il est question de « copies mafieuses d’huile d’olive fine, mais aussi de produit à base d’huile d’olive » [4].

Le magazine CBS News parle de « mafia agricole » autour de la production d’huile d’olive.

Cela paraît improbable, mais rendez-vous compte de l’immense enjeu économique que représente ce marché. La consommation d’huile d’olive représente un chiffre d’affaires mondial de 12 milliards d’euros[5].

Ces montants vertigineux ont provoqué certaines dérives au détriment de votre santé.

Dans son enquête « oro giallo », le procureur Ludovico Vaccaro a mis en lumière les pratiques des organisations criminelles, entre autres la contrefaçon d’huile de colza de mauvaise qualité importée de Turquie et vendue comme de l’huile d’olive italienne.

L’émission décrit les trois façons principales de trafiquer l’huile d’olive :
1. Mélanger de la chlorophylle et du bêta-carotène à de l’huile de colza pour la faire ressembler à l’huile d’olive.
2. Couper de l’huile d’olive avec de l’huile de colza.
3. Faire passer une mauvaise huile d’olive pour une huile de bonne qualité.

Sans le savoir vous consommez une FAUSSE huile d’olive vierge extra.

C’est complètement illégal, mais c’est beaucoup plus fréquent qu’on ne le croit.

La France encore plus concernée par cette fraude ?

En France, notre consommation dépasse largement la production nationale (100 000 tonnes contre 4 500) [6].

Nous consommons principalement des huiles d’olives importées d’Italie, d’Espagne ou encore de Tunisie et du Maroc.

Nous sommes donc plus exposés à ces huiles d’olive frelatées.

Souvent, l’offre bon marché nous induit en erreur. Les huiles importées concurrencent largement les huiles françaises de qualité qui sont plus chères.

L’une des fraudes les plus fréquentes consiste à incorporer de l’huile de grignon (une huile impropre à la consommation) à l’huile d’olive vierge [7].

Et ne vous laissez pas avoir par le packaging.

Les contrefaçons sont très bien faites.

Elles présentent des étiquettes qui vous font penser que l’huile vient d’un petit producteur en Provence ou encore d’une oliveraie familiale italienne [8].

Surtout méfiez-vous des huiles d’olive vendues dans les marchés. Moins contrôlées, c’est là où les autorités répertorient le plus de fraudes.

Ne consommez plus jamais des huiles de piètre qualité déguisées en grands crus

Je vais être radical : pour votre santé, ne consommez plus jamais les mauvaises huiles d’olives.

Vous pouvez avec un peu de connaissances les repérer.

Voici déjà une première piste : vérifier la provenance.

Méfiez-vous des industriels qui restent flous sur leur pays d’origine. Cette mention est obligatoire conformément aux normes européennes.

Si vous ne savez pas vraiment d’où vient votre huile, c’est plutôt mauvais signe. Cela signifie que les industriels ne veulent pas que vous sachiez vraiment quel type d’huile vous achetez.

Car c’est beaucoup plus rentable pour eux de faire des mélanges d’huiles destinés à l’exportation. Un peu comme si vous embouteillez un mélange de plusieurs vins de différentes origines.

La fraude vient du fait qu’en tant que consommateur, personne ne vous a informé qu’il s’agit d’huiles de qualité inférieures présentées comme mélanges « grands crus ».

Pour tirer leur épingle du jeu, les industriels n’hésitent pas à mélanger deux années de production afin de niveler le goût de l’huile. C’est la loi du profit qui l’emporte !

Le pire c’est que c’est tout à fait légal.

Face à ces révélations, j’ai conscience que certains d’entre vous ne sauront pas quelle huile d’olive choisir. Mais je vais vous aider à mieux vous repérer :

  • Décryptage d’étiquettes
  • Qualité d’huile
  • Fraudes sur les étiquettes
  • Conservation
  • Dégustation.

Retrouvez toutes les informations indispensables à connaître dans ma prochaine lettre.

Bien à vous,

Eric Müller

Sources:

[1] Huile d’olive, une origine toujours incertaine, Ministère de l’économie des finances et de la relance
[2] Fraude alimentaire. L’huile d’olive mieux que la cocaïne. Conso globe
[3] Plan de contrôle des huiles d’olive, DGCCRF
[4] CBS News Olive Oli Times, Bill Whitaker
[5] 1.2 Le marché mondial est dominé par la Méditerranée, Agribusiness
[6] La production d’huile d’olive en France a représenté 4 500 tonnes en 2005.
[7] Fraude alimentaire, l’huile d’olive mieux que la cocaïne, Consoglobe.
[8] Le grignon est le produit résiduel de la pâte d’olives après extraction de l’huile, en quelque sorte du « tourteau ». L’huile de grignons d’olive est une huile raffinée, mélange d’huile obtenue à partir de ce résidu et d’huiles venant directement des olives.

 

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