Thyroïde : comment bien alimenter votre usine à hormones ? [2/2]

Dans mon précédent article, je vous alertais sur les dangers d’une carence en iode sur votre thyroïde. Si vous ne l’avez pas encore lu, vous pouvez la consulter ici.

Je vous indiquais pourquoi il est indispensable de prendre soin de cette glande si spécifique et aussi quels sont les 4 signes d’un dysfonctionnement à connaître.

Je vous révélais également quelles sont les conséquences d’une mauvaise alimentation sur votre usine à hormones. En effet, comme tous vos organes vitaux, votre thyroïde a besoin des bons nutriments pour assurer ses fonctions. J’ai donc pris le soin de vous lister les 5 minéraux clés à surveiller de près [1].

1 L’iode : le plus important

Le premier, qui a fait tant défaut aux « Crétins des Alpes », c’est l’iode. Cet élément chimique naturel est relativement rare dans la nature et ses réserves dans votre organisme sont faibles.

Chez l’adulte, les besoins quotidiens en iode sont estimés à 150 µg (soit 0,15 mg). Vous pouvez très bien atteindre ces apports via l’alimentation. Vous en trouverez dans les produits de mer : crustacés, coquillages, poissons de mer et algues, mais aussi dans l’huile de foie de morue, la viande, les œufs, les laitages et certaines céréales. Certains légumes peuvent en contenir, mais la teneur varie en fonction des sols où ils sont cultivés.

Néanmoins, d’après plusieurs études, les apports alimentaires restent bien souvent insuffisants.

C’est d’autant plus vrai si :

  • Vous êtes végétariens ou végétaliens car la viande, le poisson et les laitages sont des sources importantes d’iode.
  • Vous fumez : le tabac freine son absorption.
  • Vous suivez un régime hyposodé (réduit en sel).
  • Vous pratiquez une activité physique de manière intensive. En effet, la perte d’iode est favorisée par la transpiration.

De plus, les femmes enceintes et allaitantes ont des besoins plus importants en iode.

En cas de doute, je vous conseille de vérifier où en sont vos taux. Et en fonction des résultats d’envisager une supplémentation.

2 Le sélénium : le bouclier

Je vous ai déjà parlé de l’importance du sélénium et de la vigilance à avoir sur vos apports. Car comme beaucoup de substances : « c’est la dose qui fait le poison ou l’élixir de santé » [2]. Si jamais vous avez manqué mes lettres à ce sujet, vous pouvez les lire ici et ici.

Pour votre thyroïde, le sélénium est indispensable à la production de certaines hormones. Il joue également un rôle contre l’inflammation et est intéressant pour prévenir les maladies auto-immunes de la thyroïde. C’est d’autant plus important qu’une déficience en sélénium aggrave les effets d’un manque d’iode.

Les apports journaliers recommandés (AJR) sont de 75 µg, mais ils varient en fait de 20 à 200 µg selon l’âge et l’activité physique.

Vous en trouverez dans les aliments riches en protéines (viande, poisson, œufs, céréales complètes…) et dans certains végétaux (champignons, tomates, choux…).

L’aliment qui en contient le plus est la noix du Brésil. Mais je vous mets en garde : certaines en sont trop riches et donc potentiellement toxiques presque dès la première bouchée [3].

3 Le fer : l’anti-fatigue

Le fer est essentiel à la synthèse de l’hémoglobine tout comme à votre thyroïde.

Présent avant tout dans la viande rouge et le foie, le fer se trouve aussi en bonne quantité dans les légumineuses (lentilles, haricots) et à une moindre concentration dans les végétaux.

Notez tout de même que celui issu du monde végétal est moins bien assimilé que celui issu du monde animal. Vous pouvez néanmoins augmenter son absorption en l’associant à une source de vitamine C (citron, persil…).

Vos besoins varient selon votre âge, sexe et votre régime alimentaire. Avant d’envisager une supplémentation, je vous suggère de vérifier vos réserves par un dosage sanguin de la ferritine (protéine de réserve du fer dans l’organisme).

4 Le zinc : l’indispensable

Cet oligo-élément est impliqué dans de nombreuses réactions enzymatiques. Au niveau de votre thyroïde, il est très actif et permet certains mécanismes essentiels à son bon fonctionnement. Les recommandations officielles chez l’adulte sont de 10 mg/j. Vous en trouverez surtout dans les fruits de mer, les poissons, les viandes, le fromage et les céréales complètes.

5 Le magnésium : le régulateur

Le magnésium évite une diminution de l’activité de la thyroïde qui se produit naturellement après un effort intense, mais aussi chez les personnes âgées. Selon les études statistiques, 75 % des Français ne couvriraient pas leurs besoins en ce précieux minéral. [4-5] La raison ? Une alimentation trop transformée ainsi que des régimes alimentaires trop restrictifs, car le magnésium se trouve principalement dans les aliments bruts et énergétiques (oléagineux, céréales complètes, légumes secs).

Je vous recommande donc vivement d’envisager une supplémentation. Pour information, les apports conseillés sont de 5 à 6 mg par kilo et par jour.

Votre thyroïde a également besoin de vitamines : B1, B2, B3, B6 et B12 ou encore de vitamine D et E.

Je tiens une nouvelle fois à vous préciser qu’il ne sert à rien de faire appel à des compléments alimentaires si vous n’êtes pas carencé. Mieux vaut donc vérifier vos taux avant de commencer une supplémentation.

De plus, il existe des solutions naturelles préventives qui s’avèrent très efficaces. C’est notamment le cas de la myrrhe des Indes ou encore l’ashwagandha. 

Bien à vous,

Eric Müller





Consulter les sources :

Sources :

[1] 6 signes cachés d’un problème de thyroïde, Santé magazine

[2]   Et si c’était la thyroïde ? Docteur Philippe Veroli, Revue Santé Corps et esprit

[3] Selenium in Nutrition: Revised Edition, National Research Council (US) Subcommittee on Selenium. Washington (DC): National Academies Press (US); 1983.

[4] Noix du Brésil : gare aux intoxications !, Sylvain Garraud, Révélations Santé Bien-être.

[5] Que risque-t-on si l’on souffre d’un déficit en magnésium ? Apyforme

Crédits : © Danijela Maksimovic – Shutterstock.com

 


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Darroman
1 mois il y a

Très interessant pour mes enfants car on m’a enlevé la thyroïde en 1997 . Mais moi Monsieur que puis je faire sans contrevenir au traitement substitutif ( Euthyral) ?Merci de bien vouloir me répondre Maryse