Vitamine D : quel rôle joue-t-elle sur votre réponse immunitaire contre la COVID-19 ?

Vitamine D : quel rôle joue-t-elle sur votre réponse immunitaire contre la COVID-19 ?

Chaque hiver vous entendez parler d’elle : la vitamine D. C’est simple, elle passe de l’inconnue mal aimée à la star des vitamines. Elle se retrouve ainsi, pendant seulement quelques mois, sous les feux des projecteurs aux côtés de la vitamine C et A.

Bien connue pour son rôle immunitaire, avec la pandémie, elle a doublement attiré l’attention. Mais pas forcément pour les bonnes raisons !

Car malheureusement, celle qui pourrait être l’une de vos meilleures alliées pour lutter contre la pandémie est présentée comme un vulgaire actif de pacotille. Alors qu’en réalité elle participe à la lutte contre les formes graves du COVID-19 [1]. Mieux encore, selon une étude préliminaire menée en Norvège, une supplémentation en vitamine D pourrait aider à prévenir le SARS-coV-2 [2].

D’ailleurs dans certains services de réanimation, les malades, vaccinés ou non, atteints de COVID, se font contrôler leur taux de vitamine D dès leur hospitalisation. Et comme la plupart des patients (si ce n’est pas tous) en manquent, les médecins tentent de remonter leur taux en complément de leurs traitements.

Une information peu relayée qui est pourtant capitale face à la situation actuelle. Car même si les études ciblées sur l’action de la vitamine D sur la Covid-19 restent rares, les résultats obtenus sont plus qu’encourageants.

La vitamine D est-elle aussi efficace contre les formes graves que les vaccins  ?

Si la COVID-19 n’entraîne généralement que des symptômes bénins (perte de goût, de l’odorat, fatigue, courbatures…) elle peut aussi progresser vers une réaction inflammatoire incontrôlée. Appelé « orages cytokiniques » (SDRA), il s’agit des formes graves. Celles qui provoquent une détresse respiratoire aiguë, souvent fatale [3]!

Les personnes âgées et celles ayant des comorbidités, telles que l’hypertension artérielle, le diabète ou l’obésité, sont plus à risque de développer une forme grave de COVID-19.

Une grande partie de la campagne vaccinale est basée sur le fait qu’elle ne prévient pas du SARS-coV-2, mais seulement des formes graves. Or, il semble que la vitamine D soit elle aussi un moyen efficace de les éviter [4].

Une étude menée chez les rats atteints de la COVID-19 a démontré que ceux supplémenter en vitamine D avaient des symptômes plus légers et des lésions pulmonaires plus modérées que les rats témoins. Autre fait constaté : la réponse immunitaire des rats supplémentés était plus réactive.

Un essai clinique randomisé contrôlé contre placebo chez 40 malades Covid-19 confirme également son efficacité. 63 % des patients carencés en vitamine D qui ont reçu une forte dose de vitamine D (50 000 UI/j pendant 7 jours) n’avaient plus d’ARN viral du SARS-CoV-2 détectable à 21 jours par rapport au groupe placebo [5].

Une étude anglaise a également rapporté que la prise de fortes doses de vitamine D3 (environ 280 000 UI sur une période de 7 jours) était associée à une amélioration de 87 % de la survie chez les patients hospitalisés pour Covid-19.

D’autres études ont mis en lumière une corrélation entre de faible taux de vitamine D et le risque d’évoluer vers une forme grave, de recourir à une aide respiratoire, d’avoir une durée d’hospitalisation prolongée, mais aussi de mourir [6] [7] [8]. Et cela, même si vous vous trouvez en soins intensifs.

Comment interpréter ces découvertes ?

Beaucoup d’études concluent qu’il existe bien un lien entre un déficit en vitamine D et la sévérité du coronavirus actuel. Néanmoins, certains scientifiques contredisent ses données. Selon eux, un taux insuffisant de vitamine D constitue plutôt un facteur indépendant de forme grave de COVID-19.

Un point intéressant, puisque contrairement aux autres facteurs (hypertension, obésité, maladies respiratoires), sur lesquels il n’existe que peu (ou pas) de possibilités d’agir immédiatement, une carence en vitamine D est très facilement modifiable par une simple supplémentation [9].

Malgré les contradictions, les études publiées sont en faveur d’un effet bénéfique de la supplémentation en vitamine D pour réduire la gravité des symptômes chez les adultes atteints de Covid-19 [10]. Et cela même si vous présentez déjà des facteurs à risques. C’est notamment le cas si vous êtes une personne fragile avec de faibles défenses immunitaires.

Deux études expérimentales conduites en France pendant la première vague ont révélé des formes moins graves de Covid-19 et une amélioration de la survie d’environ 90 % en cas de supplémentation régulière en vitamine D3 chez des personnes âgées hospitalisées ou se trouvant en EHPAD [11].

Faites-vous partie des 80 % des Français qui manquent de vitamine D ?

Les scientifiques savent depuis des années que la vitamine D joue un rôle essentiel au niveau du système immunitaire. Elle permet notamment de lancer au niveau des gènes, la fabrication de substances antimicrobiennes. C’est pour cette action particulière qu’elle est considérée comme un « antibiotique naturel ».

Vos cellules d’immunité chargées de tuer les virus et bactéries doivent d’abord trouver de la vitamine D avant de pouvoir lancer leur processus de défense.

Pour faire simple : sans vitamine D, votre système immunitaire ne se met tout simplement pas en route !

Malheureusement, elle n’est pas suffisamment préconisée. Résultat : en hiver 80 % des Français manquent de vitamine D [12]!

Le meilleur moyen de savoir si vous êtes concerné par un déficit est de faire un bilan sanguin qui dose vos taux de vitamine D. Deux formes peuvent être mesurées en laboratoire, mais une seule est vraiment intéressante : la « 25 OH vitamine D », connue aussi sous le nom de calcifédiol, la forme la plus active. C’est elle qui sert de référence pour estimer le stock de la disponibilité de la vitamine D de l’organisme.

Selon les normes officielles :

  • Vous êtes en carence si votre 25(OH) D est inférieur à 25nmol/l (10ng/ml).
  • En déficit avec un taux situé entre 25 et 75 nmol/l (10-30 ng/ml)
  • Et vos concentrations sont normales lorsqu’elles se trouvent entre 75 et 250 nmol/l (30-100 ng/ml).

Mais ces limites sont assez théoriques. D’après plusieurs recherches, le taux optimal de vitamine D est de 100 à 112,5 nmol/l (40 à 45 ng/ml) [13].

Si vous souhaitez savoir si vous devez rapidement faire évaluer vos taux, je vous invite à faire cet autodiagnostic.

Outre le coronavirus, elle est également très efficace contre la grippe, les infections ORL et broncho-pulmonaires, pour prévenir des maladies cardiaques ou encore certains cancers. Son champ d’action est tellement vaste, que de nombreux chercheurs ne la considèrent pas comme une vitamine, mais plutôt comme une pré-hormone.

C’est aussi ce que j’ai découvert au cours de mes recherches. Si vous souhaitez savoir pourquoi, je vous invite à lire ma prochaine lettre à ce sujet.

Vous y découvrirez :

  • Pourquoi la vitamine D est une “fausse” vitamine.
  • Comment surveiller vos taux pour ne plus jamais être carencé.
  • Quelle est la meilleure vitamine D en supplémentation

Et aussi ma première audace de 2022 (je commence déjà à oser !) : une interview avec le docteur Brigitte Houssin, médecin spécialiste en médecine physique et réadaptation. Un entretien exclusif avec une experte qui partage ses connaissances théoriques et pratiques.

Sans oublier : une énorme surprise ! Un nouveau format d’information pour vous aider à rester à l’écoute de votre santé !

Bien à vous,

Eric Müller

Sources:

[1] D. Chauss, T. Freiwald, R. McGregor et al., dans Nature Immunology, novembre 2021.

[2] https://oslo-universitetssykehus.no/om-oss/nyheter/kan-tran-forebygge-korona#facts-about-the-cod-liver-oil-study.

[3] Rauf A, Abu-Izneid T, Olatunde A, et al. COVID-19 Pandemic: epidemiology, etiology, conventional and non-conventional therapies. Int J Environ Res Public Health 2020;17:8155.

[4] Yang J, Zhang H, Xu J. Effect of Vitamin D on ACE2 and vitamin D receptor expression in rats with LPS-induced acute lung injury. Chinese J Emerg Med 2016;25:1284-9.

[5] Rastogi A, Bhansali A, Khare N, et al. Short term, high-dose vitamin D supplementation for COVID-19 disease: a randomised, placebo-controlled, study (SHADE study). Postgrad Med J 2020. doi: 10.1136/postgradmedj-2020-139065.

[6] De Smet D, De Smet K, Herroelen P, Gryspeerdt S, Martens GA. Serum 25(OH)D level on hospital admission associated with COVID-19 stage and mortality. Am J Clin Pathol 2020. doi: 10.1093/ajcp/aqaa252.

[7] Baktash V, Hosack T, Patel N, et al. Vitamin D status and outcomes for hospitalised older patients with COVID-19. Postgrad Med J 2020. doi: 10.1136/postgradmedj-2020-138712

[8] Vassiliou AG, Jahaj E, Pratikaki M, Orfanos SE, Dimopoulou I, Kotanidou A. Low 25-hydroxyvitamin D levels on admission to the intensive care unit may predispose COVID-19 pneumonia patients to a higher 28-day mortality risk: a pilot study on a greek ICU cohort. Nutrients 2020;12:E3773. 

[9] Annweiler C, Souberbielle JC. Vitamin D supplementation and COVID-19: expert consensus and guidelines. Geriatr Psychol Neuropsychiatr Vieil 2020. doi:10.1684/pnv.2020.0907.

[10] Entrenas Castillo M, Entrenas Costa LM, Vaquero Barrios JM, et al. Effect of calcifediol treatment and best available therapy versus best available therapy on intensive care unit admission and mortality among patients hospitalized for COVID-19: a pilot randomized clinical study. J Steroid Biochem Mol Biol 2020;203:105751.

[11] Annweiler C, Hanotte B, Grandin de l’Eprevier C, Sabatier JM, Lafaie L, Célarier T. Vitamin D and survival in COVID-19 patients: a quasi-experimental study. J Steroid Biochem Mol Biol 2020;204:105771.

[12] https://www.santepubliquefrance.fr/determinants-de-sante/nutrition-et-activite-physique/documents/article/statut-en-vitamine-d-de-la-population-adulte-en-france-l-etude-nationale-nutrition-sante-enns-2006-20073

[13] Dr Brigitte Houssin, Vitamine D mode d’emploi, Éditions Thierry Souccar

Crédits : © Anna Zasimova – Shutterstock.com

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Lavis André
3 mois il y a

Bonjour, je croyais qu’il était conseillé de prendre la vitamine D3 plutôt le soir que le matin ?
Lu dans une lettre de vos confrères,

Bien à vous, André